Assainissement
A quoi sert l'assainissement ?
L'assainissement des eaux usées est devenu un impératif pour nos sociétés modernes.
En effet, le développement des activités humaines s'accompagne inévitablement d'une production croissante de rejets polluants.
Les ressources en eau ne sont pas inépuisables.
A quoi sert l'assainissement ?
Les réserves naturelles en eau ne sont pas infinies.
En rejetant dans la nature des eaux usées et polluées, on risquerait de rendre ces réserves inutilisables pour produire de l’eau potable, et de dégrader notre environnement. C’est pourquoi le "nettoyage" des eaux usées est devenu une priorité dans notre monde moderne.
Les communes sont responsables de l’épuration des eaux usées de leurs habitants, comme de la distribution de l'eau potable. L’État (par l’intermédiaire des préfets), les Agences de l’eau et les entreprises spécialisées ont aussi un rôle à jouer. La loi française sur l’eau de 1992 répartit, notamment, les responsabilités et les obligations de chacun.
La loi sur l’eau du 3 janvier 1992 impose un traitement secondaire des eaux usées dans les agglomérations de plus de 2000 habitants. Elle prévoit aussi l’utilisation de systèmes autonomes lorsque la mise en service d’un réseau d'assainissement collectif est trop difficile ou trop coûteuse.
À QUOI SERT L'ASSAINISSEMENT DES EAUX USÉES ?
Il débarrasse les eaux usées de leur pollution, avant leur rejet dans le milieu naturel. Il ne faut pas confondre le traitement des eaux, qui sert à les transformer en eau potable, et l’assainissement des eaux usées que le consommateur rejette après les avoir utilisées.
Ces deux opérations se font dans des usines différentes.
Les eaux usées, après avoir été traitées dans une station d'épuration, sont rejetées dans le milieu naturel.
En "nettoyant" les eaux usées, l’assainissement limite le plus possible la pollution de nos réserves en eau dans la nature : rivières, lacs et nappes souterraines. En France, l’approvisionnement en eau est suffisant en quantité. Mais la qualité de cette eau doit être surveillée en permanence.
L’assainissement protège l’environnement et préserve la qualité de la vie, sur les lieux mêmes où nous vivons.
Grâce au traitement des eaux usées, en effet, les rivières ne se transforment pas en égouts.
Et les eaux de baignade sont protégées contre la présence de virus ou de bactéries pouvant apporter des maladies. Cela permet de maintenir le tourisme, la pêche, la pisciculture, sans oublier l’agriculture et l’industrie qui ont également besoin d’eau.
L'assainissement des eaux usées consiste à collecter, puis à traiter ces eaux sales.
Collecter les eaux usées, cela veut dire les regrouper et les amener à la station d'épuration, depuis les maisons, les commerces, les industries…
Traiter les eaux usées, cela veut dire les "nettoyer" avant qu’elles soient rejetées dans le milieu naturel : c’est l’épuration.
LE TRAITEMENT DES EAUX USEÉS
Le traitement des eaux usées a pour but de les dépolluer suffisamment pour qu’elles n’abîment pas le milieu naturel dans lequel elles seront finalement rejetées.
Dans la station d’épuration, le traitement des eaux usées comprend plusieurs étapes :
* Le relevage, pour faire arriver les eaux usées jusqu’au niveau de la station, à l’aide de pompes ou de vis d’Archimède.
* Le prétraitement : l’eau traverse une première grille qui la débarrasse de ses plus gros déchets (dégrillage). Les sables et graviers, après s’être déposés au fond de bassins, sont évacués. C’est le dessablage. Enfin, les huiles sont recueillies à la surface : c’est le déshuilage.
* Des traitements physico-chimiques. Les matières dispersées dans les eaux usées se déposent au fond d’un bassin. Des produits chimiques ajoutés à l’eau permettent de les transformer en "boues" et de recueillir les "matières en suspension" après décantation .
* Des traitements biologiques. Les matières organiques encore présentes dans l’eau sont détruites par des bactéries qui "digèrent" la pollution. Ces matières sont alors transformées en boues.
* La clarification permet de séparer par décantation l'eau épurée et les boues obtenues lors des traitements de dépollution.
* La désodorisation. Les gaz malodorants dégagés par les stations d’épuration sont captés puis envoyés dans des "tours de lavage" où ils sont éliminés.
Éventuellement des traitements supplémentaires destinés à éliminer l’azote et le phosphore.
Les eaux épurées sont enfin rejetées dans le milieu naturel.
Il existe trois niveaux de traitement.
* Le traitement primaire permet de débarrasser les eaux usées des gros déchets, des sables et graviers, des huiles et des matières flottantes.
* Le traitement secondaire permet d’éliminer les pollutions organiques par des procédés physico-chimiques ou biologiques. En général, les stations d’épuration offrent au moins ces deux niveaux de traitements.
* Le traitement tertiaire, encore plus poussé, élimine la présence de l’azote et du phosphore. Dans certaines zones de baignade ou de pêche à pieds, on effectue en plus des traitements de désinfection.
Le traitement des eaux pluviales est parfois nécessaire.
En cas de forte pluie, il faut éviter que le mélange des eaux usées et des eaux de pluie ne fasse déborder les collecteurs et le système d’assainissement, qui risquerait alors de se répandre dans les rivières.
C’est pourquoi des "bassins d’orage" sont construits pour stocker une partie des eaux durant les fortes averses.
On peut ensuite envoyer ces eaux petit à petit jusqu’à la station d’épuration.
L'effort d'équipement pour dépolluer les eaux usées a été considérable depuis une génération : 2.115 stations en 1970, 17 500 stations d’épuration sur le territoire national au 31 décembre 2008. (source : Ministère de l'Ecologie) ce qui permet d'affirmer que "le pays est équipé, on constate ainsi un ralentissement des mises en service de nouvelles stations" selon le Ministère de l'Ecologie.
Les investissements en équipement aujourd'hui visent à respecter la legislation européenne en matière de norme de rejet des stations d’épuration.
Or à ce titre, des retards dans la mise au norme des stations ou la réalisation d'équipement supplémentaires impose d'accélerer les travaux, ce en quoi se sont engagés les pouvoirs publics avant la fin 2012.
Au sein de l'Union européenne, la directive n°2000/60/CE établit que les Etats Membres doivent prendre les mesures pertinentes pour atteindre un «bon état» des masses d’eaux, et précisément un bon état écologique et chimique des eaux de surface ainsi qu'un bon état quantitatif et chimique des eaux souterraines, d’ici 2015.
De nouvelles stations sont construites chaque année et les traitements primaires sont de plus en plus souvent remplacés par des traitements secondaires, plus poussés.
La collecte et le traitement des eaux usées demandent un savoir-faire toujours plus grand de la part de spécialistes en biologie, chimie, mécanique, électricité, électronique...
Il en va de même pour l’installation, l’entretien et la rénovation des réseaux de collecte : les professionnels doivent être très qualifiés et rigoureux, particulièrement en matière de sécurité. Ils participent ainsi à la protection de l’environnement.
Les entreprises spécialisées dans l’assainissement des eaux usées possèdent toutes leur propre centre de recherche.
Elles consacrent des sommes d’argent importantes à la mise au point de nouveaux procédés de traitement.
La loi oblige les entreprises chargées de l'assainissement des eaux usées à surveiller l’efficacité de leurs traitements.
