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Souvenirs d'enfance



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Alain Ryon


Qu'il était joli mon village d'antan ! Le temps d'une époque où l'on savait prendre le temps, Le temps d'admirer les fleurs le long des chemins Et tout un monde qui s'éveillait à nous de bon matin. Qu'il était charmant le chant des oiseaux, Et notre printemps comme il était beau. Comme il était gai mon petit village ! Quand le long des chemins passaient les attelages, Les grelots accrochés au collier des chevaux Tintaient joyeusement au rythme de leurs sabots. Et les champs se couvraient de magnifiques gerbes de blé Dans la forêt, longtemps déjà les oisillons s'étaient envolés. Au plus haut dans le ciel le soleil brillait si fort Que par ses rayons nous étions tout bronzés, C'était l'été. Qu'il était coloré mon village bien planté Quand de merveilleuses couleurs ses arbres étaient parés. Et lorsque de bon matin les coqs battant des ailes Dressés fièrement sur leurs ergots se mettaient à chanter. Martelant la terre de leurs gros fers lourds De magnifiques chevaux commençaient les labours, Jusqu'au soir que l'angélus sonne Nous rappelant déjà que nous sommes en automne. Qu'il était morne mon village aux tisons Déjà le froid, le vent et les premiers flocons. A l'étable les bêtes une à une ont regagné leur place Et le petit ruisseau se couvre de son manteau de glace. A l'intérieur des maisons assis autour de la table Les joueurs de cartes attaquaient la coinchée, Et sur le vieux poêle à bois la cafetière fumante Bouillante de joie se mettait à siffler Nous enveloppant d'une odeur alléchante. Qu'il sentait bon Grand-mère ton vrai café ! C'était l'hiver. Qu'il était beau mon village d'autrefois Quand la pollution il ne connaissait pas. Ne connaissait pas le bruit infernal des moteurs Qui inlassablement parcourent nos sentiers Crachant à tout vent et toute vapeur Cette fumée nocive aux parfums de nos fleurs. Qu'il était clair le temps passé Où à la fontaine on venait se désaltérer, Et son clocher où dans l'air pur Haut perché son coq nous indique le chemin, Et ce pigeonnier qui par sa fière allure Nous rappelle qu'à l'époque résidait le châtelain, Et toutes ces merveilles qui lui font sa beauté Au milieu de la plaine il se trouve bien placé, Pour mon enfance il était un village de rêves Ne cherchez plus il s'appelle CHARREY